Passages
02 janv 2007

Déjà plus de six mois que nous sommes arrivés, et que nous nous sentons bien ici. Je souhaite à mes quelques lecteurs une bonne année, avec surtout le courage de considérer que certains de leurs rêves ne sont pas de pures fantaisies... Notre fin d'année a été très positive, même si nous sommes un peu en retard sur certains points par rapport à nos prévisions. Nous avons réussi à acheter ce qui nous semblait digne d'un réveillon, et ce n'est pas toujours évident dans un pays où le mot bouffe remplace le mot nourriture pour beaucoup de gens ou dans les publicités, sans connotation péjorative, mais avec malheureusement la qualité qu'un palais français éduqué loin de la nourriture rapide attache à ce mot. Ce n'est pas un jugement de valeur, chacun place ses priorités et ses préoccupations où il l'entend, et nous avons les nôtres pour un réveillon. Une invitation chez des Québécois quelques jours auparavant nous a démontré que ce soucis d'une certaine qualité était aussi partagé par des habitants originaire de ce pays, il faut se méfier des généralités hâtives.

Nous avons fait dans l'après-midi du 31 une très belle promenade dans la Jardin Botanique dont la fréquentation nous donne de grandes satisfactions depuis notre arrivée, depuis déjà trois saisons. Nous y avons apprécié les splendeurs de l'été, les couleurs de l'automne, le dénuement du début de l'hiver et enfin les beautés encore plus émouvantes du tapis de neige qui nous fut enfin offert après Noël (mais qui ne devrait pas résister longtemps, la grosse tempête est encore à venir). Nous y sommes passés peu avant le coucher du soleil, alors que la lumière est rasante et donne des couleurs ensorcelantes sur les formes arrondies que nous croyions connaître. Le chat que nous vîmes un mois auparavant près de l'étang du jardin chinois doit se lover désormais dans un cocon plus douillet, loin de la glace qui a figé la surface. Ces paysages fascinants ne doivent pas faire oubllier les serres où les orchidées exhibent leur floraison totalement délirante et où les coussins de belle-mère rappellent que la chaleur donnent aux plantes un piquant que les rondeurs neigeuses finiraient pas nous faire regretter.

Il faudra aussi que je vous parle un de ces jours de nos sorties théâtrales, puisque si les séances de cinéma se font rares, nous retrouvons l'odeur des planches que nous avions délaissées les derniers temps à Paris, avec des flagrances qui changent nos habitudes et nous ouvrent des mondes nouveaux.

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